Après plusieurs années de collaboration avec quatre greffeurs différents, tous réticents à partager leur savoir, la BPOM (Black Pearl of the Marshalls) a accueilli avec satisfaction Berni Aquilina, greffeuse de perles néo-zélandaise. Celle-ci a passé trois semaines sur la ferme de Bikirin, où elle a greffé des milliers d’huîtres perlières, formé dix employés locaux — dont quatre issus de l’exploitation d’Arno — et perfectionné trois techniciens expérimentés.

Selon Virgil Alfred, responsable de la ferme, cette formation a transformé la perception et les compétences de l’équipe, qui a désormais une compréhension bien plus approfondie du greffage et des besoins des huîtres.

Aquilina explique qu’elle-même a rencontré d’énormes difficultés pour se former au greffage, face au silence des techniciens chevronnés. Consciente de la valeur de ce savoir, elle souhaite transmettre ses compétences afin de permettre aux communautés insulaires de mieux gérer leurs fermes et de contribuer à leur développement économique. "Avec certains greffeurs, personne n’avait le droit de regarder le travail. L’un d’eux travaillait derrière un rideau, un autre tournait sa table pour cacher ce qu’il faisait", raconte Bobby Muller. Avec Aquilina, les tables sont restées visibles, permettant aux employés d’observer et d’apprendre le geste technique.

Elle souligne toutefois que le greffage ne s’apprend pas en quelques jours. La BPOM prévoit déjà de la réinviter l’année prochaine pour de nouvelles sessions de greffe et de formation. Outre son travail aux Îles Marshall, Aquilina collabore également avec deux fermes perlières des Îles Cook, leur offrant les mêmes prestations.

Interrogée sur le risque de perdre son avantage compétitif en partageant son savoir-faire, Aquilina se veut rassurante : "Les besoins en greffeurs sont énormes dans la région et il faudra des années de pratique avant que les nouveaux formés atteignent le niveau requis. Le travail ne manquera pas."