dimanche 23 octobre 2016
Organisé à l’initiative de l’association "Tahitian Pearl Association of French Polynesia" (TPAFP), présidée par Aline Baldassari-Bernard, avec le soutien de la CCISM et d’Air Tahiti Nui, cet événement a rassemblé près d’une centaine de professionnels du secteur perlicole.
Durant deux journées riches en échanges, huit intervenants se sont succédé pour aborder des thématiques essentielles, allant de la recherche et du développement à la surveillance sanitaire et environnementale, sans oublier la commercialisation des perles. Le marché nord-américain a été particulièrement mis à l'honneur grâce à la participation d'Étienne Perret, gemmologue américain reconnu.
Lors de son discours de clôture, Teva Rohfritsch a présenté les grandes lignes du projet de réforme du secteur perlicole. Il a insisté sur la nécessité d’une régulation accrue de la production via l’instauration de quotas nationaux, l’adaptation des classifications aux standards internationaux, une meilleure supervision des acteurs de la filière, ainsi que l'intégration de pratiques de développement durable, telles que la préservation des lagons et le recyclage des déchets.
Cette réforme, ambitieuse, vise à moderniser l'industrie perlière de Polynésie française tout en assurant sa pérennité face aux enjeux économiques et environnementaux actuels.
Le Forum de la Perle a ainsi offert une plateforme d’échanges précieuse, permettant aux professionnels de partager leurs idées, d’explorer de nouvelles pistes d'innovation et de s'engager collectivement dans la construction d’un avenir durable pour l’industrie perlière polynésienne.
jeudi 20 octobre 2016
Ce projet collaboratif, élaboré avec de nombreux partenaires scientifiques, marque une avancée majeure dans la transmission des savoirs aux perliculteurs.
Professeure en écologie marine à l’Université de la Polynésie française, Nabila Gaertner-Mazouni, rattachée à l’Unité Mixte de Recherche « Écosystèmes Insulaires Océaniens » (UMR-EIO), précise que l’ambition était de vulgariser les connaissances scientifiques pour les rendre accessibles et directement utilisables sur le terrain.
Fruit d’un travail de plusieurs années dans le cadre du programme de recherche Polyperl, financé par l'Agence Nationale de la Recherche (ANR), ce guide valorise l’effort collectif tout en offrant un retour concret aux perliculteurs, étroitement impliqués dans les recherches menées.
La publication, structurée autour d’une trentaine de fiches pratiques, aborde tous les aspects essentiels de l’exploitation perlière : présentation de la filière, démarches administratives pour devenir producteur, veille sanitaire, sécurité en plongée, gestion des déchets, collectage, élevage des huîtres perlières, greffe — étape clé de la production de perles — ainsi qu’une analyse socio-économique du secteur.
"Nous apportons des recommandations et clarifions certains points réglementaires, mais sans jamais imposer d’obligations", tient à souligner Nabila Gaertner-Mazouni. Conçu pour l’ensemble des professionnels de la filière, ce guide sera prochainement distribué dans les îles et remis aux participants du Forum de la Perle, qui s'est ouvert aujourd'hui à la CCISM de Papeete.
samedi 15 octobre 2016
Objectif affiché : structurer la production, garantir la qualité des perles, et assurer leur traçabilité de l’écloserie à l’exportation.
Malgré une hausse de la production, la filière fait face depuis 25 ans à une dépréciation des cours, menaçant près de 3 000 emplois. Un tiers des exploitations ont d'ailleurs fermé leurs portes au cours des huit dernières années, soulignant l'urgence d'une action décisive.
La réforme prévoit l’instauration de quotas de production au niveau national, répartis entre les exploitations. Les perles produites devront être enregistrées, et toute production excédentaire sera interdite à la vente, afin de préserver la santé des lagons et la valeur du produit.
Teva Rohfritsch, ministre de l’Économie bleue, inscrit cette initiative dans une logique de développement durable. Les quotas seront modulés selon les spécificités écologiques de chaque lagon, et les conditions d’exploitation du domaine public seront durcies pour imposer la remise en état et la gestion des déchets.
Autre avancée : l’abandon de la notion de "perles rejetées". Toutes les perles pourront désormais être valorisées, notamment dans l’artisanat et la bijouterie, sans exigence d'épaisseur minimale de nacre, bien que des certifications facultatives soient possibles.
Pour lutter contre les pratiques illégales, il sera interdit aux producteurs, négociants et détaillants de confier leurs perles à des tiers sans autorisation. L’achat de nucléus sera strictement encadré, avec obligation de registre pour les commerçants concernés.
Validé par le Conseil économique, social et culturel, le projet sera soumis au vote de l'assemblée avant une mise en œuvre dès janvier prochain. En écho à cette réforme historique, la Tahitian Pearl Association of French Polynesia organise un Forum de la Perle les 20 et 21 octobre à la CCISM, un espace d’échange ouvert au public pour débattre de l’avenir de la perliculture polynésienne.