mercredi 15 septembre 2004
La production de perles de culture représente un moteur clé du développement économique durable dans plusieurs pays océaniens. Des observations empiriques ont montré que les différents stocks d’huîtres perlières produisent des perles aux caractéristiques distinctes.
Ainsi, l’île de Manihiki (Îles Cook) est connue pour ses perles à la coloration unique. En Polynésie française, avant les transferts massifs de naissains entre les nombreux atolls des Tuamotu, chaque île produisait des perles reconnaissables par leur couleur, leur lustre et leur orient – des facteurs déterminants pour leur prix et leur compétitivité sur le marché.
Après ces échanges à grande échelle, ces caractères distinctifs se sont progressivement estompés.
Vers une identification génétique des stocks
Pour préserver la diversité et les qualités uniques des perles, il serait essentiel d’établir des empreintes génétiques précises des différentes populations. Cela permettrait de mettre en place des stratégies de gestion adaptées et d’assurer une meilleure traçabilité dans l’aquaculture.
Réponse des chercheurs
Les exploitants d’écloseries demandent des données scientifiques fiables afin de produire les naissains désirés par les perliculteurs, tout en protégeant la biodiversité et la valeur économique des différents stocks.
Pour répondre à cette demande, les chercheurs ont recours à deux techniques de marquage de l’ADN :
• L’amplification du polymorphisme sur la longueur d’un fragment (AFLP)
• L’analyse de l’ADN microsatellite
Des spécimens ont été prélevés dans des écloseries d’Hawaii, des États fédérés de Micronésie et des Îles Marshall, ainsi que dans des stocks naturels, afin d’établir des bases génétiques solides pour de futures stratégies de sélection et de conservation.
mercredi 1 septembre 2004
Mesurer la pollution métallique dans les mers tropicales exige des techniques précises et économiquement viables. La mesure directe des métaux dans l’eau de mer reste difficile car elle nécessite des échantillonnages fréquents, un équipement coûteux et des compétences spécialisées.
De plus, les métaux lourds se retrouvent souvent piégés dans les sédiments, et les prélèvements d’eau peuvent passer à côté des pics de pollution qui surviennent lorsque ces sédiments sont remis en suspension par les tempêtes ou d’autres perturbations.
Les bivalves comme bio-indicateurs
Faute de méthodes adaptées, on utilise couramment des bivalves filtreurs comme les moules (Mytilus edulis), véritables accumulateurs biologiques qui permettent de détecter les polluants.
Le système de « surveillance de la moule » s’est avéré être un outil très performant et reste la méthode la plus complète pour suivre la pollution des côtes par les métaux aux États-Unis. Toutefois, ces espèces sont limitées aux zones tempérées et n’offrent pas de solution pour les eaux tropicales oligotrophiques.
Les huîtres perlières : des sentinelles idéales
Les recherches menées montrent que les huîtres perlières (genre Pinctada) constituent un excellent complément pour la surveillance des eaux chaudes. Elles sont largement réparties dans les mers du Sud, sessiles, vivent longtemps et se prêtent parfaitement à la bioaccumulation.
Les premiers essais réalisés sur l’huître perlière hawaiienne (P. margaritifera galtsoffi) ont révélé une forte capacité d’accumulation de métaux lourds. Des tests en cuves contrôlées ont montré une bioaccumulation régulière de cuivre, de cadmium et de zinc, proportionnelle aux concentrations dans l’eau et au temps d’exposition.
Vers une surveillance environnementale renforcée
Ces résultats ont permis d’établir des normes de suivi sur le terrain. Les premières études menées à Hawaii ont fourni des données environnementales préliminaires. Une deuxième série d’essais a confirmé une variabilité temporelle importante dans l’accumulation des métaux.
Les chercheurs élargissent désormais leurs travaux à d’autres métaux tels que le strontium, le cobalt et le plomb. La mesure des isotopes radioactifs de strontium et de cobalt pourrait devenir un outil précieux pour la restauration écologique et le repeuplement d’atolls du Pacifique Sud (Bikini, Enewetak, Christmas Island, Mururoa), anciennement utilisés pour les essais nucléaires atmosphériques et sous-marins menés par les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France.